2021-06-21

Henri Vernes : Bob Morane 11 - Les Requins d'acier

Ce onzième Bob Morane débute alors que notre héros se trouve à bord du South-Dakota, un paquebot qui fait route vers San Francisco en provenance de la Polynésie. 
Tranquillement installé dans un transat face à la mer, Bob Morane lit un article de journal relatant des évènements autour d'une série d'attaques de pirates dans le sud du Pacifique. Comme il fallait s'y attendre, quelques heures plus tard, il en est lui-même victime et, en tentant de résister, il reçoit une balle en pleine poitrine. Il est hospitalisé à San Francisco une quinzaine de jours. Pendant sa convalescence, il reçoit la visite d'Al Lewison, un haut responsable du Trésor américain. Avant qu'on lui tire dessus, Bob Morane a pu voir le visage du chef des pirates, ce qui le mettrait en danger. Lewison lui demande de collaborer, mais Morane refuse, n'ayant pas l'habitude de se mettre au service des assureurs et des banques… Lewison repart, déçu.

Mais les choses n'en restent pas là, on s'en doute bien. Le soir même, Bob Morane est victime d'un attentat qui aurait pu lui coûter la vie. Il rappelle donc Lewison pour lui annoncer qu'il participera à l'opération. Il s'embarque à bord d'un paquebot en direction de l'Australie, prêt à servir d'appât aux pirates, mais rien ne se passe, se sorte qu'il renonce à poursuivre et prend un vol pour Singapour, ayant reçu une demande de reportage de la revue Reflets pour laquelle il travaille à l'occasion. Mais il s'agit d'un piège : il est kidnappé par les pirates et conduit à bord d'un sous-marin qui chemine jusqu’au repaire des forbans, quelque part sur un atoll du sud du Pacifique. Pour survivre, il accepte de travailler pour le chef, l’homme aux yeux glauques, jusqu’à ce qu’il puisse trouver le moyen de s’évader. Il le fera, bien entendu, avec la complicité d’un dénommé Lawson, un pirate repenti. Ensemble, ils font sauter la voûte souterraine contenant l'arsenal des bandits, mais Bob réussit seul à s’enfuir, non sans difficulté, par ailleurs. Il finit sa course tout seul sur l'îlot voisin, étant persuadé de la mort du chef lors d’une rixe sous-marine. Au bout d’une dizaine de jours d’une vie à la Robinson, il est ramené sur une île habitée de Polynésie et rentre à San Francisco retrouver Lewison. Celui-ci le prévient qu’il court certains risques, car on ne sait pas si toute la bande a été éliminée. Bob n’y croit pas, mais est tout de même victime d’un chauffard qui lui vaut un deuxième séjour à l’hôpital. De nouveau libéré, il tombe de nouveau dans un piège et se retrouve sur le bateau de luxe d’un magnat de la presse mais, cette fois-ci, Lewinson intervient et tout le monde est sauvé, à l’exception du chef véritable des pirates qui est arrêté. Bob Morane ne peut quitter les États-Unis avant le procès. Il va se reposer chez son ami Frank Reeves, cet Américain qu’il a côtoyé au cours des deux premiers épisodes de cette série : La Vallée infernale et La galère engloutie.

Que penser de ce onzième Bob Morane ? Très honnêtement, il est d’une piètre qualité par rapport aux précédents. L’intrigue est tellement mince qu'elle nous devient vite indifférente. Quant au personnage du chef des pirates, il a si peu de consistance qu’on se demande bien quelles sont ses motivations. Et puis trop de chapitres sont consacrés à la fuite de notre héros aux prises avec des bandits. Même l'entêtement de Bob Morane à ne pas tenir compte des appels à la prudence de Lewison sont difficilement compréhensibles pour le lecteur, adolescent ou pas.  Ça devient lassant… Même l’aspect documentaire - géographique, notamment - s’avère décevant : le jeune ado des années 1950 n’a pas appris grand-chose en lisant ce roman… Ni sur la Polynésie ni sur les prouesses techniques de l’aéronautique sous-marine. 

J'espère un peu mieux de la prochaine aventure… Parlant d’aventure, je termine cette note de lecture par une citation d’Henri Vernes : « Mais ce n’était guère dans l’espoir de nouvelles aventures que Bob demeurait car, mieux que quiconque, il savait que l’aventure ne se cherche pas, qu’elle fond au contraire sur l’homme de façon imprévisible en empruntant les imprévisibles voies du hasard… »

Voilà qui rachète ce roman légèrement bâclé...


Vernes, Henri. Les requins d’acier (Bob Morane 1). Éd. Gérard (coll. Marabout Junior), c1955


2021-06-07

Perry Rhodan 3 : La milice des mutants

Nous sommes toujours en 1971. Au dernier épisode, souvenez-vous, Perry Rhodan et son équipe se sont retrouvés piégés au plein milieu du désert de Gobi, siège de la Troisième force. La coalition mondiale a fait tout ce qui est en son pouvoir pour détruire cet empêcheur de tourner en rond. Protégé par un champ de force, une autre invention géniale des Arkonides, le nouvel État a tenu le coup. Qu’arrive-t-il maintenant ? Afin de permettre à Krest et à Thora de regagner leur planète, Rhodan et ses amis doivent aider ceux-ci à construire un navire spatial assez autonome en énergie pour traverser plusieurs galaxies jusqu’à Arkonis. Les premiers chapitres de ce troisième volume (qui correspond aux fascicules cinq et six de l’édition allemande) montrent d’ailleurs Taco, ce mutant téléporteur gagné à la cause de la Troisième force, en train de négocier l’achat de matériel aux États-Unis. Honnêtement, les auteurs auraient pu faire l’économie d’un chapitre ou deux… pour se concentrer sur la trame principale !

Nos deux héros, Perry Rhodan et Bully, ont droit à une seconde séance à l’indoctrinateur, ce qui leur permet d’acquérir des connaissances prodigieuses. Puis ils partent sur la lune en chaloupe, ce petit navire spatial des Arkonides, pour essayer de récupérer du matériel du navire spatial détruit par les forces coalisées à l’épisode précédent. Mais voilà que Krest leur demande de revenir à la navette de toute urgence. La navire détruit par la coalition aurait envoyé des signaux de détresse jusqu’à Arkonis avec pour conséquence que des navires robots arkonides vont vraisemblablement détruire la Terre en signe de représailles… Sans tarder, Perry Rhodan revient sur la Terre pour prévenir les humains de ce danger imminent. Il y parvient sans peine, puis réussit à s’infiltrer au poste de commandant de la coalition basé au Groenland. Résultat des courses : la Terre se tient prête à faire face à la musique. Mais les choses se compliquent : un navire d’une autre planète, probablement une planète rebelle, se pose sur la Lune. Il s’agit des Fanthas, une espèce non humaine dont on ignore tout…  sauf que Perry Rhodan et Bully réussissent à pulvériser leur navette spatiale lors d’une seconde virée sur la lune. Une victoire, même si on s’accorde à penser qu’elle sera de courte durée. De retour sur Terre, la coalition mondiale reconnaît la Troisième force comme un État souverain. La Terre n’est plus une planète divisée… mais une seule et même entité prête à lutter pour sa survie dans l’univers galactique. Là-dessus, nos héros ont réussi un exploit indirect : ils sont à l’origine de la création de la Confédération des États de la Terre, appelée aussi, quelques dizaines de pages plus loin, les États-Unis de la Terre.

Entretemps, Perry Rhodan avoue son amour à Thora, ce qui ne change pas grand-chose à leurs relations qui demeurent plutôt distantes, pour ne pas dire glaciales. Mais le héros - faut-il le dire ? - n’a pas vraiment d’état d’âme en général, et assez peu d’humour aussi. Il a une mission à accomplir - sauvegarder l’existence de la Terre et sa civilisation - et il s’efforce de l’accomplir du mieux qu’il le peut. Pour le moment, il faut solidifier la Troisième force en dotant le nouvel État d’un ministre des Finances et d’une milice. Pour les finances, on va chercher Homer G. Adams, un génie de la Bourse qui vient de tirer quatorze ans de prison pour diverses opérations financières plus ou moins frauduleuses. Pour la milice, on souhaite les meilleurs des citoyens terriens : des mutants. Taka et Klein réussissent à en obtenir treize, ce qui s’ajoute aux quatre autres ayant rejoint la Troisième force au volume précédent. 

Pendant que la Troisième force se constitue en tant qu’État à la gouvernance particulière (un régime collégial basé sur des élites (on est loin de la démocratie parlementaire)), la Terre subit une autre attaque, celle des Vams, un groupe aussi rebelle que les Fanthas qui a le pouvoir s'emparer du cerveau des ses ennemis pour les téléguider. Rien de très réjouissant… La suite palpitante de cette série rocambolesque au tome 4.

Que dire de La milice des mutants ? Certes, l’histoire se complexifie et se densifie par rapport aux deux volumes précédents, mais ce n’est pas sans conséquence sur la trame du récit qui se déploie autour de trois récits parallèles : l’achat de matériel nécessaire à la construction de la navette spatiale (qui n’est toujours pas terminée, d’ailleurs), la mise en place d’un ministère des Finances destiné à permettre à la Troisième force d’acheter l’espace en plein désert de Gobi et le recrutement des mutants. Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est un peu particulier comme scénario et on a parfois l'impression que ça part dans tous les sens ! Quant à la vraisemblance, elle n’est pas toujours de mise, mais n'oublions pas que nous sommes dans un Space Opera interminable ! Ne soyons pas trop sévère, et attendons de voir ce que nous réserve le quatrième volume : Bases sur Vénus.


K.H. Scheer et Clark Carlton. La Milice des mutants (Perry Rhodan 3), c1961, 1966 pour la traduction française.